L’équilibre médiatique et le bien-être
L’équilibre médiatique et le bien-être concernent la place qu’occupent les technologies dans la vie quotidienne, leur influence sur les perceptions, les émotions et les comportements, ainsi que la capacité à maintenir un rapport sain et réfléchi au numérique. Cette dimension invite à développer une conscience des influences médiatiques, des algorithmes, des normes sociales véhiculées en ligne et des effets possibles d’une utilisation déséquilibrée. Elle soutient le développement de l’autorégulation et d’habitudes numériques favorisant la santé globale.
Les médias sociaux ne présentent pas une réalité neutre : ils sélectionnent, organisent et amplifient certains contenus à l’aide d’algorithmes. Ces contenus peuvent influencer les émotions, les croyances, l’image corporelle et la perception de soi. Comprendre cette dynamique aide l’enfant ou l’adolescente et l’adolescent à développer une posture plus critique face aux images, aux tendances et aux messages qu’elle ou il consomme. L’accompagnement peut varier selon l’âge et le niveau d’autonomie de l’enfant ou de l’adolescente et l’adolescent.
Pistes pour accompagner votre enfant ou votre adolescente ou adolescent :
- regarder ensemble un contenu que votre enfant ou adolescente et adolescent consulte souvent et lui demander : « Qu’est-ce que tu ressens quand tu vois ça? » ;
- choisir une image populaire et chercher ensemble des exemples montrant qu’elle a été retouchée ou mise en scène ;
- cliquer sur quelques vidéos similaires pour observer comment la plateforme propose du contenu semblable ;
- discuter des images liées à l’apparence corporelle et rappeler que plusieurs contenus sont retouchés ou mis en scène ;
- explorer ensemble le fait que plusieurs contenus publiés en ligne montrent une version filtrée, modifiée ou idéalisée de la réalité ;
- choisir ensemble des comptes ou contenus inspirants plutôt que comparatifs ;
- se souvenir que les algorithmes ne reflètent pas la réalité dans son ensemble, mais seulement les aspects qui suscitent de l’intérêt et de l’engagement ;
- instaurer un rituel où l’on parle d’un contenu vu dans la semaine qui a suscité une émotion forte.
L’équilibre numérique ne repose pas uniquement sur le nombre d’heures passées devant un écran, mais sur la qualité et l’impact de cette utilisation sur le sommeil, la concentration, les relations et les activités quotidiennes. Apprendre à reconnaître les signes d’un déséquilibre permet d’ajuster progressivement ses habitudes. Selon l'âge et le développement de l'enfant ou de l'adolescente et de l’adolescent, les familles peuvent également s'appuyer sur les recommandations de la Société canadienne de pédiatrie afin de favoriser des habitudes d'utilisation des écrans adaptées et équilibrées.
Pistes pour accompagner votre enfant ou votre adolescente et adolescent :
- convenir d’un moment précis pour déposer les appareils avant le coucher ;
- créer une routine stable et constante concernant l’utilisation des appareils ;
- proposer un défi familial « une soirée sans écran » une fois par semaine ;
- observer les impacts sur le sommeil et en parler explicitement ;
- nommer la fatigue numérique et ses signes (irritabilité, difficulté de concentration, perte d’intérêt) ;
- identifier les signes d’une utilisation problématique : pensées obsédantes, difficulté à arrêter, conflits répétés, isolement ;
- aider l’enfant ou l’adolescente et l’adolescent à reconnaître les signes qu’une pause pourrait être nécessaire (fatigue visuelle, agitation, irritabilité ou difficulté à se concentrer) ;
- nommer ensemble des comportements qui favorisent une relation saine en ligne (respect, écoute, absence de pression ou de contrôle) ;
- utiliser un minuteur pour rendre la transition plus prévisible ;
- proposer des activités qui permettent à l’enfant ou à l’adolescente et l’adolescent de se recentrer après le temps d’écran ;
- prévoir des activités hors écran adaptées aux intérêts et aux besoins de l’enfant ou de l’adolescente et l’adolescent ;
- proposer de courtes pauses sans écran pendant les périodes d’étude ;
- prévoir une transition graduelle avant l’arrêt des écrans afin de rendre le changement d’activité plus facile ;
- discuter des activités numériques qui apportent réellement du plaisir, de l’apprentissage ou un sentiment de connexion positive.
Chez les plus jeunes, la supervision active est essentielle. Chez les plus âgés, des discussions régulières favorisent l’autorégulation.
L’environnement numérique comporte des risques variés : désinformation, cyberintimidation, partage non consensuel d’images, biais algorithmiques ou surcharge informationnelle. Être conscient de ces enjeux et savoir comment demander de l’aide ou signaler une situation problématique contribue à renforcer la sécurité et la résilience numérique.
Pistes pour accompagner votre enfant ou votre adolescente ou adolescent :
- poser une question hypothétique : « Si quelqu’un te demandait une photo que tu ne veux pas envoyer, que ferais-tu? » ;
- montrer comment faire une capture d’écran et comment bloquer un utilisateur ;
- établir une phrase-clé que votre enfant ou adolescente et adolescent peut utiliser si elle ou il vit une situation inconfortable ;
- revoir ensemble les paramètres de confidentialité d’une application ;
- établir ensemble un plan clair : capturer l’écran, bloquer, signaler, en parler ;
- afficher les ressources d’aide dans un endroit visible ;
- rassurer son enfant ou son adolescente et adolescent qu’il soit possible de faire des erreurs, mais que vous soyez là pour la soutenir ou le soutenir en cas de besoin ;
- rassurer l’enfant ou l’adolescente et l’adolescent que de venir parler d’un problème n’entraîne pas automatiquement une perte d’accès aux appareils ;
- encourager l’enfant ou l’adolescente et l’adolescent à prendre une pause avant de répondre à un message qui provoque une forte émotion ;
- identifier un adulte de confiance à l’école vers qui se tourner au besoin.