La stratégie 2026-2029
Déclaration générale
Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) reconnaît l’importance de promouvoir la santé mentale de tous ses élèves et de tous les membres de son personnel. Ainsi, il favorise le bien-être de chaque élève et de chaque membre du personnel en lui permettant de s’épanouir pleinement dans un climat positif, sécuritaire, inclusif et bienveillant. L’appui offert aux élèves vise leur réussite globale afin de leur permettre de cheminer, et ce, grâce à l’accompagnement d’adultes qui se sentent bien, qui créent des liens significatifs avec eux et qui croient en leur capacité de réussir.
Vision
Des élèves et des membres du personnel qui veillent au bien-être de toutes et tous.
Tel que décrit dans la NPP-169 : Santé mentale des élèves, chaque conseil scolaire de l’Ontario a une stratégie de santé mentale et de lutte contre les dépendances qui tient compte des besoins dans ses écoles ainsi que des ressources disponibles, et qui vise à favoriser la santé mentale et le bien-être des élèves. Cette stratégie, d’une durée de trois ans, est accompagnée d’un plan d’action annuel décrivant les initiatives, les services, les ressources et les formations, différenciés et respectueux de l’identité, à mettre en place afin de progresser vers l’atteinte des objectifs de la stratégie.
Selon le Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations, « la santé mentale et le bien-être mental constituent un équilibre entre les aspects mental, physique, spirituel et émotionnel». D’ailleurs, « nous avons tous – même les plus vulnérables d’entre nous ou ceux souffrant des troubles mentaux les plus graves – la chance de pouvoir devenir des personnes complètes et en santé». (Santé mentale en milieu scolaire Ontario)
Les écoles sont le milieu idéal pour faire la promotion, la sensibilisation, la prévention et l’intervention précoce en matière de santé mentale. Selon les recherches, des interventions scolaires en santé mentale, qu’elles soient universelles ou ciblées, peuvent atténuer les problèmes de santé mentale chez les élèves. De plus, la santé mentale à l’école rehausse le bien-être et la réussite académique, car lorsque l’élève se sent bien, il est plus disposé à apprendre. (Santé mentale en milieu scolaire Ontario) Ce constat vient d’ailleurs corroborer la vision de l’importance de la réussite globale de l’élève du CECCE.
La stratégie de santé mentale et de lutte contre les dépendances en milieu scolaire s’articule autour d’un modèle de soutien échelonné. Une telle structure aide à établir les priorités, à préciser les rôles, ainsi qu’à assurer une coordination et une qualité des services.
Santé mentale en milieu scolaire Ontario préconise le modèle harmonisé et intégré suivant :
Ce modèle se divise en trois niveaux. Le niveau 1 vise la promotion de la santé mentale, en mettant l’accent sur le bien-être quotidien, sur les pratiques qui favorisent l’affirmation identitaire, la diversité et l’inclusion ainsi que sur l’amélioration des connaissances et de la compréhension de la santé mentale. Lorsque les élèves montrent des signes de défis sur le plan de la santé mentale, on peut introduire les services du niveau 2, qui incluent la prévention et l’intervention précoce. Certains élèves ayant des besoins de santé mentale importants, aigus et complexes nécessitent des services de santé mentale plus intensifs et urgents, offerts au niveau 3 de la pyramide.
Selon la théorie de la Réponse à l’intervention (RAI), les stratégies mises en place à la base de la pyramide permettent de répondre aux besoins de 80 % des élèves; 15 % des élèves ont besoin de stratégies de niveau 2, tandis que 5 % des élèves nécessitent des interventions de niveau 3.
Au CECCE, cette approche échelonnée en santé mentale est intégrée à la Pyramide d’interventions pour l’apprentissage, la réussite et le bien-être de chaque élève. En effet, les actions à mettre en place pour créer un climat scolaire positif, bienveillant, sécuritaire et inclusif favorisant le bien-être et la santé mentale de tous les élèves sont identifiées à chacun des soutiens de la pyramide.
Bien que les membres du personnel des écoles ne soient pas des professionnelles et professionnels de la santé mentale, elles et ils sont dans une position privilégiée pour promouvoir des milieux d’apprentissage sains, inclusifs et équitables, pour sensibiliser les élèves et pour faire la promotion du bien-être et de la santé mentale au quotidien. Connaissant bien leurs élèves, elles et ils peuvent également reconnaître et soutenir les élèves qui présentent des signes de défis au niveau de la santé mentale. Enfin, elles et ils peuvent aiguiller les élèves dans le besoin vers les services disponibles. Pour ce faire, il importe que les membres du personnel aient des connaissances et des outils de base en santé mentale et qu’elles et ils connaissent les voies d’accès vers les services.
Certains membres du personnel des écoles qui ont un rôle particulier auprès des élèves (enseignantes-ressources et enseignants-ressources , conseillères et conseillers en orientation, éducatrices et éducateurs, animatrices et animateurs de la pastorale, enseignantes et enseignants PARÉ, etc.) peuvent être approché(e)s par des élèves qui rencontrent des défis et doivent donc avoir les connaissances, les ressources et les outils pour aider ces élèves qui nécessitent un soutien supplémentaire.
C’est aux professionnelles et professionnels de la santé mentale que revient le rôle d’intervenir auprès des élèves vivant des défis plus importants de santé mentale. En effet, les travailleuses sociales et travailleurs sociaux sont disponibles pour fournir des interventions sensibles à l’identité et fondées sur des données probantes pour aider les élèves qui ont des problèmes de santé mentale.
Les travailleuses sociales et les travailleurs sociaux peuvent également diriger les élèves ayant des défis plus importants vers des services plus intensifs et à plus long terme disponibles dans la communauté, tel que démontré dans cette illustration du modèle ontarien Bons soins au bon moment :
L’identification des priorités et des objectifs de la présente stratégie est basée sur des consultations qualitatives, ainsi que sur des données quantitatives issues de la recherche.
Groupes consultés :
- Données touchant le bien-être recueillies lors des consultations pour la planification stratégique du CECCE
- Directions et directions adjointes des écoles
- Réseau des enseignantes et enseignants ressource de l’élémentaire et du secondaire
- Réseau des conseillères et conseillers en orientation
- Comité directeur en santé mentale
- Équipe du SSA-Santé et bien-être
- Comité de leadership
- Élèves
- Parents
- Partenaires communautaires
Données provenant de :
- Santé mentale en milieu scolaire Ontario (SMSO)
- Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH)
- Santé publique Ottawa
- Ministère de l’Éducation
Certains faits saillants découlant des recherches provinciales ayant été corroborés par les consultations internes méritent d'être soulignés :
En ce qui a trait à la santé mentale des élèves, malgré une certaine stabilisation du taux de détresse chez les jeunes Ontariennes et Ontariens depuis la pandémie, les taux demeurent plus élevés que ceux d’avant la pandémie, ce qui indique les effets négatifs à long terme de la pandémie.
Tel qu’illustré sur le graphique ci-dessous, provenant du Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario (SCDSEO) du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH - Centre for Addictions and Mental Health), le pourcentage d'élèves de l’Ontario qui estiment que leur santé mentale n'est pas très bonne ou mauvaise a augmenté de façon significative depuis 2007 (année d'introduction de la question), passant de 11 % à 38 % en 2023. (*Les données du sondage de 2025 seront disponibles à l’automne 2026.)
De plus, ce même sondage rapporte que 18 % des élèves ont eu des idéations suicidaires intenses au cours de l'année écoulée, et 5 % ont déclaré avoir fait une tentative de suicide au cours de l'année.
Le stress, les symptômes d’anxiété et de dépression, ainsi que les troubles alimentaires et de l’image corporelle sont les problématiques les plus soulevées, tant dans les données issues de la recherche que lors des consultations.
En ce qui concerne les dépendances, les recherches du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), ainsi que l’expérience dans les écoles, démontrent que la consommation d'alcool et de cannabis, ainsi que l'usage de cigarettes est à la baisse au cours des dernières années. Par contre, les dépendances aux appareils électroniques sont à la hausse. Cela inclut les jeux vidéo, les réseaux sociaux, les jeux de hasard, etc.
Selon des données partagées par Santé mentale en milieu scolaire Ontario (2025) :
- Près d’un enfant sur quatre possède son propre téléphone à l’âge de 8 ans.
- 78,2 % des élèves de l’Ontario de la 7ᵉ à la 12ᵉ année passent au moins trois heures de leur temps libre devant leurs écrans.
- 21,6 % des élèves de l’Ontario de la 7ᵉ à la 12ᵉ année passent au moins sept heures de leur temps libre devant leurs écrans.
À partir des données issues des recherches et des nombreuses consultations, les priorités suivantes ont été ciblées afin de pallier les principales préoccupations soulevées et ainsi d’améliorer le bien-être et la santé mentale, ainsi que de contribuer à la réussite globale des élèves du CECCE au cours des trois prochaines années.
- L’élève et sa santé mentale : Accroître la capacité de chaque élève à passer à l’ action pour favoriser sa santé mentale
- Dans une perspective de réussite globale de l’élève, sensibiliser et outiller les membres du personnel à leur rôle d’appui au niveau de la santé mentale, notamment en tenant compte des approches sensibles à la culture et aux traumatismes, afin de créer un environnement d'apprentissage sécurisant et inclusif
- Offrir un enseignement structuré et harmonisé des habiletés socioémotionnelles dans le cadre de la réussite globale de l’élève
- Aider l’élève à développer sa tolérance à la détresse et à l’inconfort (résilience)
- Appuyer l’élève dans sa recherche d’aide interne et externe
- Soutenir la santé mentale de l’élève nouvel arrivant qui présente des défis pendant sa période de transition afin de favoriser sa réussite globale
- L’élève et son environnement social : Accompagner l’élève à entretenir des relations saines avec les autres, compte tenu des nouveaux enjeux sociaux (relations en ligne, violence, hausse marquée de l’anxiété sociale, conflits mondiaux, etc.).
- Développer les capacités de résolution de conflits de l’élève
- Enseigner des stratégies d’autogestion pour réduire l’impact de l’anxiété sur la vie quotidienne
- Utiliser les pratiques réparatrices pour réparer les liens brisés
- L’élève et la technologie : Promouvoir et accompagner l’élève dans une utilisation saine de la technologie
- Sensibiliser l’élève à l’importance d’avoir une utilisation équilibrée des technologies
- Outiller l'élève à exercer un discernement numérique actif, lui permettant de reconnaître l'influence des technologies et de l'intelligence artificielle sur son bien-être, ses relations sociales et son niveau de stress ou d’anxiété
Un plan d’action annuel accompagne la stratégie afin d’opérationnaliser chacune des trois priorités en décrivant les activités mises en place à chaque niveau de soutien de la pyramide (sensibilisation, prévention et intervention), en identifiant les publics cibles visés (directions, membres du personnel, élèves, parents) et en permettant d’en assurer le suivi.
Derrière le dévouement quotidien de notre personnel scolaire se cachent des réalités complexes et une charge partagée. Les données récentes en santé mentale mettent en lumière des défis de taille, mais elles tracent surtout la voie vers les actions concrètes que nous devons prioriser en adaptant nos leviers de soutien aux besoins réels manifestés sur le terrain.
Données recueillies auprès des programmes d’aide aux employé(e)s (PAE) et d’organismes de référence :
- Santé Homewood : Analyse des rapports d’utilisation du PAE pour le personnel enseignant.
- Dialogue : Analyse des indicateurs d'engagement de la plateforme de soins virtuels pour le personnel non enseignant.
- Agence de la santé publique du Canada (ASPC).
- Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE).
- Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).
Personnel enseignant :
Une étude pancanadienne financée par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) révèle que près de 37 % du personnel enseignant présente des niveaux élevés d'anxiété clinique. Pour le CECCE, les indicateurs internes en santé et sécurité du travail révèlent un niveau préoccupant d’épuisement professionnel qui se traduit par une hausse de l’absentéisme. Cette situation crée une surcharge systémique dans les écoles. L’équipe du Service des ressources humaines, secteur santé et sécurité du travail y répond de manière proactive en accompagnant les milieux, notamment par l’optimisation des services cliniques et du programme d’aide offerts par Santé Homewood.
Les données fournies par le Régime d’assurance des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RAEO/OTIP) mettent en évidence la prépondérance des troubles de santé mentale dans les dossiers d’assurance-salaire des membres au cours des dernières années.
Personnel non enseignant :
En 2025, le secteur santé et sécurité du travail du CECCE a coordonné une transition stratégique majeure en remplaçant le Programme d’aide aux employés (PAE) traditionnel par la plateforme de soins virtuels Dialogue. Déployé exclusivement auprès du personnel non enseignant, ce changement vise à offrir une réponse clinique et numérique immédiate, flexible et parfaitement alignée sur leurs réalités professionnelles.
L'évaluation de l'offre de soutien révèle un fort engagement des équipes envers la plateforme Dialogue (voir graphique ci-dessous). Bien que la stricte confidentialité des consultations soit préservée, l’analyse des données d'activité démontre l’impact direct de l’outil sur le mieux-être psychologique du personnel. Nous constatons notamment une hausse marquée du recours au PAE (+81,0 %) : le volet dédié au soutien psychologique et à la thérapie affiche la plus forte croissance du nombre d’utilisateurs uniques, confirmant que le personnel s'approprie largement cette ressource pour répondre à des besoins précis en santé mentale. Nous constatons également une forte adhésion au programme « Bien-être » : plus de 100 utilisateurs uniques ont eu recours à ce volet (gestion du stress, prévention de l'épuisement), témoignant d’une démarche volontaire et préventive de la part du personnel.
Prendre soin de nos élèves commence par prendre soin de notre personnel. C'est pourquoi le secteur santé et sécurité du travail du Service des ressources humaines déploie des actions concrètes pour soutenir l’ensemble des équipes. Nous sommes pleinement conscients que le travail en milieu scolaire est exigeant et comporte une charge émotionnelle élevée, mettant parfois à rude épreuve la santé globale de nos membres du personnel.
Face à ces réalités, le CECCE s'engage à offrir un accompagnement et des outils adaptés, tout en valorisant une culture d'entraide et de bienveillance où chacun prend soin de ses collègues. Cet engagement se traduit par une mobilisation active du secteur santé et sécurité du travail au sein des instances consultatives, afin que les initiatives de prévention et de soutien soient portées collectivement à tous les paliers du Conseil.
Les objectifs de ce programme sont les suivants :
- Promouvoir un milieu de travail sain : cultiver un environnement bienveillant, inclusif et psychologiquement sécuritaire.
- Sensibiliser à la santé globale : valoriser les saines habitudes de vie et l'équilibre travail-vie personnelle comme levier de prévention.
- Outiller face à la charge mentale : développer la résilience des équipes pour mieux anticiper le stress et les périodes d’activité intense sur le terrain.
- Optimiser l'accès aux ressources : promouvoir Santé Homewood et Dialogue par des communications adaptées aux différents profils d’emploi ainsi que le programme MIEU+.
- Déstigmatiser la santé mentale : encourager un dialogue ouvert et transparent pour briser les tabous.
- Former les superviseurs à la prévention : outiller les superviseurs à repérer tôt les signes de détresse et à appliquer les protocoles d’intervention rapide.
- Valoriser par la reconnaissance : implanter des pratiques de reconnaissance concrètes (individuelles et collectives) pour renforcer le sentiment d’appartenance.
Le comité directeur pour la santé mentale du CECCE, composé de représentantes et représentants des divers groupes d’employées et employés (surintendance, directions d’écoles et de services, membres du personnel, élève) joue deux (2) rôles principaux dans le but de favoriser la santé mentale des élèves et du personnel :
- Comité consultatif pour l’équipe du Service de soutien à l’apprentissage – Volet santé et bien-être des élèves ainsi que pour l’équipe de Santé et sécurité au travail de la Direction des ressources humaines :
- Faire le lien entre les écoles et la vision du conseil scolaire;
- Informer de ce qui se passe dans les écoles (besoins, tendances, etc.);
- Offrir de la rétroaction sur l’information à promouvoir, ainsi qu’aux initiatives et stratégies proposées.
- Comité de mise en œuvre afin de contribuer au cheminement des dossiers en santé mentale :
- Agir comme agentes et agents multiplicateurs de la compréhension de ce qu’est la santé mentale;
- Partager et renforcer les messages clés;
- Arrimer les efforts de toutes et tous pour promouvoir la santé mentale chez les élèves et le personnel;
- Agir comme porte-parole du comité dans les écoles et la communauté;
- Aider à planifier des activités permettant d’atteindre les objectifs de la Stratégie de santé mentale et de lutte contre les dépendances.